La Pinacothèque de Paris… au temps de Klimt

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Un 21 Avril à Paris. Le temps est un peu morose et la lumière a du mal à percer sur la capitale. Pas facile pour moi qui suis habitué au soleil de ma citée niçoise. J’ai décidé de partir à la découverte d’un haut lieu de la culture parisienne, dont de nombreux amis m’ont déjà parlé mais que je n’ai encore (honte à moi) pas encore eu l’occasion de découvrir : La Pinacothèque de Paris.

Bien sur je suis déjà passé devant la façade de la Place de la Madeleine et longé les lettres de la Pinacothèque de Paris qui s’étalent, mais toujours entre 2 projets, je n’ai jusqu’alors jamais eu l’occasion de franchir la porte de l’enceinte. Ou plutôt devrai-je dire des enceintes puisque la Pinacothèque se décline. On parle ainsi de Pinacothèque 1 et de Pinacothèque 2, comme d’épisodes qui viendraient entrechoquer leurs visions. De ce que j’en ai entendu la Pinacothèque de Paris s’organise en fait autour de 3 espaces. Il y a tout d’abord le musée principal, ou plutôt le musée initial, qui abrite des expositions éphémères thématiques et la (grande) annexe qui propose notamment une collection permanente et un espace dédié à la présentation de collections.

Autant dire une multitude de possibilités.

C’est donc à mon tour aujourd’hui de participer un peu à l’histoire collective et de partir à la découverte de cette institution. Et ça tombe bien j’ai toute la journée devant moi, pour une plongée immersive dans l’Art à la façon Marc Restellini.

Au programme de la Pinacothèque de Paris aujourd’hui…

Je dois bien reconnaitre que j’attendais la bonne occasion pour aller découvrir la Pinacothèque de Paris. On m’avait dit l’originalité du lieu, et la manière ambitieuse et novatrice dont était mis en œuvre l’art. On m’avait également vanté la démarche de transversalité entre les courants présentés. Aussi je souhaitais découvrir ce lieu au moment d’une programmation qui me surprendrait.

Et le programme du moment m’a semblé très opportun. La Pinacothèque de Paris présente pour l’occasion (en plus de sa collection permanente), d’une part l’exposition « Le Pressionnisme : les chefs d’œuvre du graffiti sur toile de Basquiat à Bando », d’autre part « Au temps de Klimt, la sécession à Vienne ». Un grand écart graphique et culturel qui m’a paru plus qu’opportun.

Direction le métro station Havre Caumartin, je remonte la rue Tronchet sous une fine averse, bifurque rue Vignon et rejoints le 28 Place de La Madeleine, point de départ de cet épisode « Une journée à la Pinacothèque de Paris ».

J’ai décidé de commencer la découverte par l’exposition sur le Pressionnisme qui m’intrigue d’avantage, probablement par l’approche de modernisme et l’audace de ce type d’exposition (inédit dans un musée parisien) mais comme cette expo mérite à elle seule un article je vous en parlerai certainement dans un prochain billet, de même que pour la collection permantente. Je sais que la Pinacothèque de Paris est un musée privé exclusivement, et d’après ce que j’en ai vu dans une interview de son PDG, Marc Restellini, le musée vit sans aucune subvention de l’Etat (principalement via la billetterie et les ventes de la boutique). Dans le contexte actuel c’est un tour de force quand on sait à quel point il est difficile de faire vivre de tels établissements, même à Paris. Cette spécificité n’est surement pas étrangère à l’audace artistique et aux partis prix sur le choix des expositions de La Pinacothèque. J’espère juste que cette exposition ne sera pas juste accrocheuse et qu’elle justifiera aussi sa présence dans un lieu tel que celui-là.

La file d’attente est heureusement assez courte ce matin (il faut dire que nous sommes à l’ouverture du Musée, un mardi de pluie, …). Je prends le fameux sésame au guichet. Le prix est un peu plus élevé que je ne le pensais mais demeure abordable pour le programme annoncé. Cette fois on y est. On rentre dans le vif du sujet.

Au temps de Klimt : la Sécession à Vienne à la Pinacothèque de Paris : mon avis

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Cette exposition revient sur l’une variations les plus importantes de l’Art Nouveau. Elle s’est développée au début du XXè s., principalement à Vienne et qu’on appelle la Sécession.  Ce mouvement artistique a été porté par plusieurs artistes dont Gustav Klimt, au coeur de l’exposition de La Pinacothèque.
Il faut savoir que la Sécession va en partie conditionner l’éclosion de l’Expressionnisme, l’un des courants les plus importants de l’Art Moderne et dont la Pinacothèque de Paris avait déjà fait une exposition en 2011.

Durant l’exposition j’ai pu voir une sélection des travaux de Klimt à différentes périodes de son oeuvre. A vrai dire je ne connaissais quasiment pas ce peintre, mais je dois dire que la reconstitution de la Frise Beethoven a été une vraie belle rencontre.  Et l’autre thème majeur est bien évidemment le rapport que Klimt entretien avec la figure de La Femme. Thème central dans son oeuvre j’ai trouvé fascinant les analogies soulignées entre la manière dont Klimt représente la Femme ou pourrait on dire le genre féminin, et les thèmes philosophique et psychiques de l’époque, notamment l’influence des travaux de la Psychanalyse freudienne. On y retrouve un sentiment ambigu très intéressant et très moderne pour l’époque où la figure de la féminité oscille entre objet soumis et caractère affirmé. J’ai bien aimé (mais sans plus) les documents « off » relatifs à la vie personnelle et familiale de Klimt. Je trouve effectivement que cette technique permet au visiteur de créer un lien tout au long du parcours avec l’artiste, mais à mon sens les oeuvres se suffisaient à elles même dans le cas présent. Et on en vient donc à la Sécession et aux rapports que ce mouvement entretient avec le Paris du début du 20ème siècle. On retrouve les évocations de Carl Schuch, Tina Blau, Théodor Hörmann, Josef Engelhart et Max Kurzweil. Puis on arrive à ce qu’on pourrait appeler les chefs-d’oeuvre de la Sécession, de l’avant-garde autrichienne et les premières oeuvres d’Egon Schiele et d’Oskar Kokoschka.

En tout ce sont près de 180 oeuvres qui composent L’exposition Au temps de Klimt – La Sécession à Vienne

Je crois que j’ai particulièrement apprécié au finalement la pédagogie libre qui s’est dégagée de ce parcours. : « À chaque Époque son Art. À l’Art sa Liberté. » Cette devise qui n’est autre que celle de la Sécession résume en fait bien l’adéquation entre la mise en scène de l’exposition et la thématique. Et pour finir avec les citations je me permets juste de reprendre une définition d’Hermann Bahr sur ce mouvement que j’ai trouvé absolument représentative et que j’ai retrouvé dans le dossier de presse de La Pinacothèque de Paris : Notre art n’est pas

un combat des artistes modernes contre les anciens, mais la promotion des arts contre les

colporteurs qui se font passer pour des artistes et qui ont un intérêt commercial à ne pas laisser l’art s’épanouir. Le commerce ou l’art, tel est l’enjeu de notre Sécession. Il ne s’agit pas d’un débat esthétique, mais d’une confrontation entre deux états d’esprit.

Et vous, connaissez vous La Pinacothèque? Quelles expos êtes vous allez voir? Comment trouver vous ce musée? La suite dans vos commentaires.

 

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